Le couple est souvent un lieu de soutien, de complicité et d’intimité. Mais il peut aussi devenir un lieu de tensions, d’incompréhensions, de solitude à deux. On peut s’aimer et ne plus savoir se parler. On peut se sentir proche et, pourtant, vivre une distance affective grandissante.
Parfois, ce sont des conflits répétés. Parfois, un silence qui s’installe. Parfois, une crise : infidélité, jalousie, épuisement, arrivée d’un enfant, déménagement, difficultés professionnelles, maladie, deuil… Le couple est traversé par des événements de vie, et il arrive que la relation ne parvienne plus à contenir, à réguler, à apaiser ce qui se joue.
La souffrance relationnelle ne se résume pas à « se disputer ». Elle peut prendre la forme d’un climat tendu, d’une sensation d’être incompris(e), d’un sentiment de ne plus être choisi(e), de reproches, de rancœur, d’un retrait émotionnel. Elle peut aussi se manifester dans le corps : fatigue, anxiété, troubles du sommeil, douleurs, perte de désir, irritabilité.
On peut alors se demander : « Est-ce normal ? », « Est-ce que c’est moi le problème ? », « Est-ce qu’on est en train de se perdre ? » Certaines personnes consultent pour sauver le couple, d’autres pour y voir clair, d’autres encore parce que la relation ravive des blessures anciennes ou une insécurité profonde.
Dans le couple, il n’y a pas seulement deux personnalités : il y a deux histoires. Deux façons d’aimer, d’être en lien, de se protéger. Deux manières d’exprimer un besoin, ou de l’empêcher de se dire. Chacun arrive avec son vécu, ses manques, ses peurs, ses attentes.
Il arrive que l’on se sente envahi(e) et que l’on s’éloigne. Il arrive que l’on se sente abandonné(e) et que l’on réclame. Ces mouvements, souvent inconscients, créent des cycles relationnels : l’un poursuit, l’autre se retire ; l’un se ferme, l’autre s’exaspère ; l’un s’effondre, l’autre se durcit. Et plus le cycle se répète, plus il devient douloureux.
Consulter ne signifie pas « avoir échoué ». Cela peut être une démarche de lucidité et de soin : reconnaître que la relation fait souffrir, et que l’on a besoin d’un espace pour comprendre, mettre des mots, et retrouver de la clarté.
La psychothérapie peut aider à :
L’Approche Centrée sur la Personne (ACP), développée par Carl Rogers, s’appuie sur une relation thérapeutique fondée sur l’écoute empathique, l’authenticité et l’acceptation inconditionnelle. Dans ce cadre, il ne s’agit pas de juger, ni de « trancher », mais d’aider la personne à explorer ce qu’elle vit réellement, et ce que la relation vient toucher en elle.
Quand l’écoute est profonde, quand l’espace est sécurisant, la personne peut se rapprocher de sa vérité émotionnelle. Elle peut comprendre ce qu’elle attend, ce qu’elle redoute, ce qu’elle répète, ce qu’elle ne parvient pas à dire, et, parfois, ce qu’elle n’ose pas s’avouer.
Dans une difficulté de couple, on cherche souvent une solution rapide : « que faire ? » Mais avant le faire, il y a l’être. Retrouver sa place, son ressenti, sa capacité à se respecter. Car c’est souvent à cet endroit que la relation change : quand chacun redevient présent à soi.