La dépression est une des plus fréquentes maladies psychiques connues. Bien qu’elle puisse concerner tout le monde et apparaître à tout âge de la vie, elle touche principalement le sujet adulte ou jeune adulte. La population féminine étant la plus impactée, deux femmes pour un homme, et les personnes vivant seules étant les plus à risque.
Ces dernières années, différentes études ont montré une augmentation significative du nombre de consultations pour ce motif et les personnes montrant des symptômes évocateurs de cet état ont rempli en masse les cabinets. La hausse la plus forte concerne les femmes et les moins de 44 ans, elle est aussi particulièrement sensible chez les 15-24 ans.
Parmi les facteurs qui augmentent les risques de dépression on compte les antécédents familiaux. En effet il existe une vulnérabilité génétique à la maladie, une personne dont l'un des parents a fait une dépression a davantage de risque de connaître un épisode dépressif au cours de sa vie. Sont aussi prédisposants certains évènements de l’enfance (manques affectifs, maltraitance, abus...) ou des évènements déclencheurs tels que traumatismes, (« simples » ou complexes), perte d’un être cher, maladies, relations familiales ou professionnelles conflictuelles, séparation...
La dépression n’est pas une tristesse passagère ou ce qu’on appelle un « coup de déprime », c’est une véritable pathologie qui figure dans les différents manuels de classification des troubles psychiques ou mentaux. Elle entraîne une vision pessimiste du monde et de soi-même qui peut être particulièrement invalidante. Caractérisée par des bouleversements de l’humeur générale, elle peut s’exprimer par de nombreux symptômes dont une perte du plaisir, une tristesse plus ou moins profonde qui ne semble pas vouloir finir.
A différence de la déprime, l’épisode dépressif s’inscrit comme durable dans le temps, il dure plus de deux semaines et peut avoir des répercussions importantes sur la vie quotidienne : troubles du sommeil, troubles de l'appétit et du désir sexuel, diminution des performances intellectuelles, de la concentration, diminution de l’estime de soi, idées noires... Tout ce qui pouvait avoir de l’intérêt n’en a plus et la volonté seule ne permet pas de s’en sortir.
Tous les individus n’ont pas en eux les ressources nécessaires, et/ou suffisantes, pour faire face sans dommage à des évènements de vie douloureux. Certaines personnes confrontées à des expériences difficiles ne font pas de dépression et d’autres font une dépression sans motif apparent.
Pour que la dépression ne se complique pas ou ne se « chronicise » pas, il est préférable de la soigner. Les médecins, généralistes ou psychiatres, peuvent être amenés à prescrire différents traitements médicamenteux aux posologies plus ou moins importantes selon les cas ; ils orienteront aussi souvent vers des psychologues ou des psychothérapeutes. Les antidépresseurs agiront sur les facteurs biologiques de la dépression, la psychothérapie sur ses facteurs psychologiques.
L’échange verbal que propose la psychothérapie n’est pas une discussion comme celles que l’on peut avoir dans la vie quotidienne. La relation thérapeutique est une relation particulière, une véritable relation de confiance au cœur de laquelle le thérapeute, par la qualité de son écoute et de sa présence, aide le client à aborder ses difficultés et ses souffrances d’une façon bien spécifique, différente de la sienne et de celle de ses proches.
La première des conditions à l’exploration de sa souffrance par la personne dépressive est celle de trouver dans l’espace du cabinet de psychothérapie une écoute neutre et bienveillante. Dans cet environnement de confiance et de sécurité, la confidentialité du secret professionnel offre la liberté de pouvoir livrer son expérience, son vécu à un tiers, et de se sentir compris.
Une fois posé le cadre thérapeutique requis par le thérapeute pour aborder la thérapie, pas de tabou, le client peut explorer son expérience en profondeur, selon le rythme qui lui convient. Ce qu’une méthode comme l’ACP est susceptible d’offrir dans le traitement de la dépression c’est la possibilité pour l’individu de se décharger du poids de ses propres douleurs en visitant ou revisitant son expérience et/ou son histoire dans un cadre extrêmement sécurisant.
C’est parce qu’il se sent accueilli inconditionnellement, qu’il ne se sent pas jugé, que le client a accès aux parts les plus tristes ou sombres de lui-même.
Tous les thérapeutes s’accordent sur le fait que la collaboration du client à sa propre thérapie est essentielle. En ce qui concerne l’accompagnement des personnes souffrant de dépression cette assertion est d’autant plus juste qu’il est difficile pour ces clients de croire qu’ils ont en eux l’énergie nécessaire pour participer au soin de leurs maux. En effet certains symptômes de la dépression rendent leur mobilisation compliquée.
La perte d’intérêt, la fatigue causée par les troubles du sommeil, l’apathie ou encore le pessimisme vis-à-vis de l’avenir, limitent les perceptions qu’ils ont d’eux-mêmes, de leurs ressources, et l’élan vers le changement.
L’Approche Centrée sur la Personne a cela de particulier qu’elle croit profondément en ce que l’on appelle la Tendance actualisante de l’individu. Pour le praticien ACP, « la psychothérapie est une démarche qui permet d’alléger la souffrance psychique en traitant les troubles et les conflits intérieurs. Elle est aussi un accompagnement psychologique vers plus de conscience de soi, de croissance et d’actualisation de son potentiel comme être humain » (définition ACP-France).
Elle s’attache particulièrement à soigner l’alliance thérapeutique qui, lorsqu‘elle est établie, fait que le « patient » devient « client » et s’engage comme acteur de sa propre thérapie. Cela peut prendre du temps. Il est important que le thérapeute ne brusque pas le rythme de son client et s’adapte à ce qui est présent dans l’instant thérapeutique.
En bref, la psychothérapie permet de sortir mieux et durablement d’un épisode dépressif, elle est essentielle dans un premier temps, pour aider le client à accepter qu’il souffre d’une maladie et qu’il ne s’agit pas d’une faiblesse, cela lui permet de ne plus culpabiliser (ou moins !). Cela favorise aussi le travail d’identification des causes de la dépression. Par des prises de conscience il se regarde autrement, il considère ses problématiques différemment, peut trouver des réponses nouvelles et des solutions.