Devenir parent — ou être parent — bouleverse profondément. Même lorsque l’enfant est désiré, même lorsque l’on aime intensément, il arrive que la parentalité mette à l’épreuve : le corps, le couple, l’identité, l’équilibre émotionnel, la confiance en soi.
Beaucoup de parents décrivent un sentiment paradoxal : une joie réelle, et en même temps une fatigue diffuse, des doutes qui s’installent, une charge mentale qui ne s’arrête jamais, parfois une culpabilité, parfois une colère, parfois une impression d’être seul(e) à porter.
Il ne s’agit pas seulement d’être « fatigué(e) ». Il arrive que la fatigue devienne épuisement, que l’on perde patience plus facilement, que l’on se sente submergé(e), irritable, à fleur de peau. Les nuits hachées, les pleurs, les conflits, la gestion du quotidien, les injonctions éducatives, les remarques de l’entourage… tout peut amplifier la pression intérieure.
Parfois, ce sont des événements précis qui déclenchent un déséquilibre : arrivée d’un premier enfant, naissance d’un deuxième, reprise du travail, séparation, recomposition familiale, adolescence, difficultés scolaires, troubles du sommeil, maladie, deuil, déménagement. Et parfois, la souffrance s’installe sans « raison » évidente, comme si quelque chose devenait trop.
Beaucoup de parents se jugent. « Je devrais être plus patient(e). » « Je n’y arrive pas. » « Je ne suis pas un bon parent. » « Je suis en train de faire n’importe quoi. »
La parentalité est aujourd’hui saturée de normes : il faudrait être disponible, cohérent, doux, ferme, présent, inspirant, tout en travaillant, en tenant la maison, en restant un couple, en prenant soin de soi… Ces injonctions peuvent produire un sentiment d’échec permanent, alors même que l’on fait déjà beaucoup.
Être parent réactive souvent des couches profondes de notre histoire. Nos propres manques, nos blessures, nos peurs, nos modèles éducatifs. La relation à l’enfant peut réveiller des émotions inattendues : peur de mal faire, peur de ne pas être aimé(e), peur d’abandonner, peur d’être débordé(e), ou encore une tristesse ancienne qui remonte.
Parfois, un parent se sent pris dans un conflit intérieur : vouloir offrir le meilleur, et ne plus savoir comment faire. Aimer, et se sentir épuisé(e). Donner, et se sentir vidé(e).
Consulter dans le cadre de la parentalité ne signifie pas que l’on ne fait « pas bien », ni que l’on ne devrait pas être parent. Cela peut être un acte de soin : un espace pour déposer ce qui pèse, pour être écouté(e) sans jugement, et pour retrouver de la clarté intérieure.
La psychothérapie peut aider à :
L’Approche Centrée sur la Personne (ACP) repose sur une relation thérapeutique fondée sur l’écoute empathique, l’authenticité et l’accueil inconditionnel. Dans ce cadre, l’objectif n’est pas de « donner des recettes », mais d’accompagner la personne à explorer ce qu’elle vit, à son rythme, dans un espace de sécurité.
Quand on se sent compris(e), accueilli(e), reconnu(e), on peut progressivement se reconnecter à ses ressources. Et, souvent, c’est à partir de ce retour à soi que la relation à l’enfant se transforme : plus de présence, plus de simplicité, plus de stabilité intérieure.
La parentalité peut être exigeante. Se faire accompagner, c’est reconnaître que l’on a besoin de soutien, que l’on mérite un espace pour souffler, et que prendre soin de soi… c’est aussi prendre soin de son enfant.